En 2006, j’ai commencé une série d’objets textiles que j’ai intitulée Abysses (2006-2017), faisant référence aux profondeurs océaniques. Cette quête a été un moment d’introspection et de plongée dans « l’espace du dedans » dont j’emprunte ici l’expression à Henri Michaux. Le parallèle entre les océans, monde d’eau, et le ventre maternel a été pour moi une quête originelle. En effet, à travers la matière, j’ai pu explorer des états de « morcellement », dont parle Jacques Lacan. Cette série m’a permis de comprendre mon « écriture » à travers des
formes récurrentes comme le sein nourricier, les petites formes primitives qui font référence aux larves, et de réécrire mon histoire, notamment à travers une série : Orphelins, 2010-2013 qui sont une masse de petites larves sur le sol des abysses. L’élément eau a été un sujet d’expérimentation, élément propre à la vie sur terre, élément premier de notre condition. Ce travail était une quête des origines, réécrivant mon histoire d’abandon.
Ce travail a été présenté à Caen et à Laurence Esnol Galerie, rue Bonaparte à Paris en 2016 ainsi qu’à l’Institut français d’Egypte en 2017 où j’ai fait une résidence.





